Évaluation des risques professionnels : le risque électrique

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L’évaluation des risques professionnels est une obligation légale qui vise à initier un travail de prévention dans les entreprises. Cette évaluation est réalisée à l’aide du DOCUMENT UNIQUE. Ce dernier
n’est pas formalisé mais doit revêtir une forme pratique et adaptée à la profession. Le premier travail à faire est le découpage du laboratoire en UNITE DE TRAVAIL.

Dans les articles précédents nous avons étudié les unités de travail suivantes : les postes de mise en revêtement, de coursier, de sableuse, de résine, du plâtre et du ménage. Depuis cet été nous avons changé d’approche et nous avons examiné les risques qui s’appliquent sur la totalité du laboratoire, comme le risque de chute et dernièrement le risque biologique. L’échelle de cotation du risque adoptée jusqu’à présent pour analyser l’exposition au sein des unités de travail n’est plus pertinente à ce niveau. Pour cette raison nous aborderons les facteurs de risque mais nous ne les quantifierons pas. Ce qui ne retire rien aux actions de prévention à mettre en oeuvre puisqu’elles consistent à réduire ces facteurs au plus bas niveau compatible avec le bon fonctionnement du laboratoire. Nous examinons aujourd’hui le risque électrique.

Au sein des laboratoires, le risque électrique est essentiellement dû au contact des salariés avec des pièces sous tension et à la surcharge des installations avec des multiprises. Le risque est accru par la proximité de zones humides et de vapeur d’eau qui favorisent le passage du courant et par une atmosphère riche en aérosols inflammables (méthacrylates, poussières…) qui peuvent transformer une étincelle en explosion.

Les dommages

Les électrisations ou les électrocutions entrainent des brûlures des tissus au point de contact et des lésions internes sur les muscles (tétanisation), en particulier sur le coeur (fibrillation). Ces dernières sont d’autant plus graves que le salarié est âgé.
En atmosphère inflammable un arc électrique peut générer un départ de feu ou une explosion avec des risques de brûlure évidents.

Les modes d’exposition

Des fils dénudés ou cisaillés par vieillissement ou usure mécanique, des prises murales détériorées ou des jonctions mal protégées sont des sources de contact, essentiellement avec les doigts.
L’utilisation d’une multiprise mal calibrée et surchargée peut faire fondre l’isolant des fils, de même un positionnement mal adapté peut l’exposer à des projections de liquide (rappelons qu’un liquide renversé descend toujours !)
Les fils d’alimentation des machines-outils portatives utilisées pour abraser ou couper peuvent être détériorés et ainsi exposer leur utilisateur.
Les changements d’ampoule peuvent être à l’origine de contacts accidentels avec une source électrique et un risque secondaire de chute après le choc électrique.

La prévention passe par deux points essentiels, respecter les règles en vigueur à l’installation du laboratoire et éviter les dérives dans le temps.
Les normes et les règles doivent être respectées à la conception et l’installation doit être réalisée par un professionnel. Le tableau électrique, le nombre de prises murales et le câblage doivent être adaptés aux besoins du laboratoire et éventuellement à
son évolution future. Les postes de travail doivent être conçus pour intégrer des gestes reflexes de l’opérateur, sa proximité avec des pièces sous tension et la chute éventuelle de l’outillage.
Pour éviter les dérives dans le temps, les laboratoires sont dans l’obligation de faire passer annuellement un organisme de contrôle et de faire réaliser immédiatement, par un électricien, les mesures correctives demandées.
De plus faire habiliter un salarié dans le domaine électrique permet au laboratoire de lui confier en toute sécurité les changements d’ampoule, de s’assurer qu’il a été formé et qu’il est apte médicalement (avec une attention particulière sur la perception des couleurs et le risque cardiovasculaire).

EVALUATION DU RISQUE PROFESSIONNEL
Le risque peut être évalué par exemple selon les facteurs suivants :
> Présence de multiprises (en particulier sur le sol)
> Existence de pièces conductrices à nu (fils entamés, prises mal fixées…)
> Absence de contrôle annuel des installations
> Présence des mêmes remarques année après année sur la fiche de contrôle annuel
> Absence d’un salarié formé et habilité au risque électrique

Un laboratoire sans aucun facteur de risque est un laboratoire a faible risque électrique et inversement un laboratoire qui cumule tous ces facteurs est un laboratoire à risque électrique élevé. Une gradation peut être établie entre ces deux extrêmes.

REMARQUE
L’évaluation doit être réalisée sur place par un organisme compétent et en aucun cas par téléphone ou par Internet car chaque laboratoire possède ses spécificités et ses contraintes.

Article rédigé par Michel Chaix

EN SAVOIR PLUS

Contactez le CNIFPD : Virginie Orfila
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www.cnifpd.fr

Last modified: 22 octobre 2019