Évaluation des risques professionnels : le poste des sableuses

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L’évaluation des risques professionnels est une obligation légale qui vise à initier un travail de prévention dans les entreprises. Cette évaluation est réalisée à l’aide du DOCUMENT UNIQUE. Ce dernier n’est pas formalisé mais doit revêtir une forme pratique et adaptée à la profession.
Le premier travail à faire est le découpage en UNITE DE TRAVAIL. Dans les articles précédents nous avons étudié les postes de mise en revêtement et de coursier. L’unité de travail que nous examinons aujourd’hui est le poste des sableuses.

Les sableuses diffusent généralement des poussières délétères et très fines. En effet, l’action de sabler une pièce consiste à lui arracher des petites particules de sa surface (métal, revêtement…) Ces petites particules si elles ne sont pas captées se diffusent dans l’atmosphère du laboratoire sous forme de poussière.

Les dommages

Ces poussières fines lorsqu’elles sont inhalées pénètrent profondément dans les alvéoles pulmonaires. Elles provoquent une inflammation, souvent chronique, à bas bruit qui peut être à l’origine de cancers pulmonaires ou de silicoses. Ces atteintes sont irréversibles et les symptômes apparaissent tardivement.

Les modes d’exposition

Dans la plupart des laboratoires, ce qui est frappant en observant les sableuses, c’est la présence de poussières autour de l’appareil, sur le plan de travail et sur le sol. Or le matériel est prévu pour isoler deux espaces, l’un à l’intérieur de la sableuse, pollué relié à l’aspiration et l’autre externe, plus propre au sein duquel le salarié respire. Il faut donc rechercher comment la poussière passe d’un espace à l’autre. Le premier point se situe au niveau des manchons qui peuvent être en mauvais états et qui n’assurent plus l’étanchéité du dispositif ; le retrait des mains à la fin de l’opération dépose donc à chaque fois un peu de poussière de part et d’autre de l’appareil. Le second endroit est l’ensemble des tubulures situé à l’arrière de la sableuse et destiné à évacuer les poussières ; ces tubulures et leurs jonctions peuvent être mal fixées ou détériorées et laisser passer la poussière. Le troisième élément est le capot avant du matériel ; lors de son ouverture si l’air intérieur est mal évacué ou si les joints sont défectueux, de la poussière est projetée à l’extérieur du dispositif.
A chaque fois c’est une petite quantité de particules qui se retrouve autour de la sableuse mais comme ce matériel est très utilisé, à la fin de la journée la poussière devient visible et à la fin de la semaine ce sont de petits tas qui entourent l’appareil ! Et toute la semaine les opérateurs inhalent cette poussière remise en suspension par leurs va et vient autour de la machine pour sabler.

2 174 cas en 10 ans
Affections dues à la silice

 

La prévention va consister à maitriser l’émission de poussière puis à évacuer cette dernière et enfin à nettoyer régulièrement les abords de la sableuse.

MAITRISER L’ÉMISSION DE LA POUSSIÈRE

  • Les manchons doivent être en bon état et prolongés par des gants pour obtenir une parfaite étanchéité. Ces gants doivent permettre une bonne sensibilité et donc être suffisamment fin. Une période d’adaptation doit être prévue, en particulier pour que le geste professionnel sur les pièces les plus petites puisse être réalisé aisément. Ces gants doivent être changés lorsqu’ils sont percés.
  • Les tubulures doivent être en matériau rigide sur la plus grande longueur possible et maintenues en bon état. Les angles doivent être proches de 120° pour conserver la qualité de l’aspiration sans générer de bruit (en particulier éviter les coudes à angle droit qui perturbent l’écoulement aéraulique.)
  • Le capot doit être nettoyé quotidiennement à l’aide d’une éponge humide et doit être changé s’il présente des rayures. Les joints doivent subir le même régime.

EVACUER LA POUSSIÈRE

L’aspiration doit être puissante pour éliminer le maximum de particules, dédiée à l’installation et fixée à demeure. Le nettoyage des filtres ou la vidange des sacs est une opération ponctuelle qui doit être réalisé régulièrement par un opérateur doté d’un masque FFP3.

NETTOYER LES ABORDS DE LA SABLEUSE

Le plan de travail, l’arrière de l’appareil et le sol devant la sableuse doivent être nettoyés à l’éponge humide quotidiennement afin de piéger les particules de métal, de silice, de corindon…sans les remettre en suspension dans l’atmosphère.

Les sableuses automatiques
REMARQUE 1
Chaque fois que cela est possible, il faut utiliser des sableuses automatiques qui évitent à l’opérateur de rester exposé devant la machine pendant le travail.
Le corindon à usage unique
REMARQUE 2
Chaque fois que cela est possible il faut utiliser des appareils sans recyclage car le corindon réutilisé est “enrichi” en matières délétères (particules de métal, de revêtement…) à chaque utilisation et la moindre fuite largue une concentration importante de particules dans l’atmosphère.
L’asservissement
REMARQUE 3
L’aspiration doit se mettre en route en même temps que le début du sablage, en général lors de l’action sur la pédale. La mise en route de l’aspiration ne doit pas être manuelle.
L’évaluation
REMARQUE 4
Elle doit être réalisée sur place par un organisme compétent et en aucun cas par téléphone ou par Internet car chaque laboratoire a ses spécificités et ses contraintes.
La hiérarchisation
REMARQUE 5
Cette évaluation va permettre de hiérarchiser les risques présents dans le laboratoire afin de les traiter de façon pertinente. L’objectif étant d’arriver, éventuellement en plusieurs années, à une évaluation à 4/16 pour un risque côtoyé quotidiennement et pour chaque unité de travail.

Article rédigé par Michel Chaix

EN SAVOIR PLUS

Contactez le CNIFPD : Virginie Orfila
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Last modified: 3 janvier 2019