Évaluation des risques professionnels : le bruit

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L’évaluation des risques professionnels est une obligation légale qui vise à initier un travail de prévention dans les entreprises. Cette évaluation est réalisée à l’aide du DOCUMENT UNIQUE. Ce dernier n’est pas formalisé mais doit revêtir une forme pratique et adaptée à la profession. Le premier travail à faire est le découpage du laboratoire en UNITE DE TRAVAIL.

Dans les articles précédents, nous avons étudié les unités de travail suivantes : les postes de mise en revêtement, de coursier, de sableuse, de résine, du plâtre et du ménage. Puis nous avons changé d’approche et nous avons examiné les risques qui s’appliquent sur la totalité du laboratoire, comme le risque de chute, le risque biologique, le risque électrique et dernièrement le risque incendie. L’échelle de cotation du risque n’est plus pertinente à ce niveau. Pour cette raison, nous aborderons les facteurs de risque mais nous ne les quantifierons pas. Ce qui ne retire rien aux actions de prévention à mettre en œuvre puisqu’elles consistent à réduire ces facteurs au plus bas niveau compatible avec le bon fonctionnement du laboratoire. Nous examinons aujourd’hui le risque lié au bruit.

Au sein des laboratoires, le bruit est dû aux opérations de grattage et meulage à l’aide de l’outillage portatif, à l’utilisation du taille-plâtre, du générateur de vapeur, de la soufflette et éventuellement du compresseur et des aspirations.

Les dommages

Dans les laboratoires, les bruits engendrent de la fatigue auditive et plus rarement des surdités qui ne seront pas abordées ici. Le bruit nuit également à la concentration, il affecte donc la performance globale du personnel du laboratoire et peut être à l’origine d’accidents par défaut de vigilance.
La fatigue auditive est un processus qui apparait généralement en fin de journée car les dommages sont liés à la durée de l’exposition et à l’intensité du bruit. Elle est caractérisée par des sifflements, des bourdonnements ou une perte de l’acuité auditive. Ce processus est réversible, c’est-à-dire qu’une nuit de bon sommeil et au calme est récupératrice. Cependant si la dose de bruit, combinaison de la durée d’exposition et de l’intensité du stimulus est trop élevée, elle perturbe les phases du sommeil et dans ce cas, la nuit n’est pas réparatrice et une dette de sommeil peut commencer à s’installer. Ce qui signifie qu’un opérateur exposée à trop de bruit dans la journée peut ressentir une fatigue chronique, ce qui est préjudiciable à sa performance professionnelle et à sa santé.

Les modes d’exposition

L’utilisation de l’outillage portatif

Ce matériel lorsqu’il attaque le plâtre, la résine et surtout le métal engendre un bruit plutôt aigu. La durée de l’opération et la distance outil/appareil auditif vont conditionner l’atteinte.
L’utilisation du taille-plâtre : ce matériel génère un bruit et une atteinte de même nature.

L’utilisation de la soufflette

Ce matériel produit un bruit impulsionnel caractérisé par sa brièveté et sa puissance qui peuvent prendre en défaut les systèmes naturels de défense de l’oreille. C’est pour cette raison et parce qu’il surprend qu’il est considéré comme particulièrement désagréable.

L’utilisation de l’aspiration

Une aspiration à la cheville mal calibrée ou dont le circuit aéraulique comporte des courbures trop accentuées créé des turbulences bruyantes.

Les expositions simultanées

Il est fréquent d’observer au sein des laboratoires des périodes, souvent l’après-midi, pendant lesquelles beaucoup d’opérateurs utilisent leur outil portatif. Dans ce cas les bruits s’additionnent et favorisent l’apparition de fatigue auditive pour l’ensemble du personnel exposé.

La position du compresseur

Les compresseurs placés trop près des salariés ou au sein de locaux mal isolés ou dont la porte reste ouverte, engendrent une fatigue auditive et alimentent le stress en raison de leurs démarrages intempestifs.

La réverbération

Ce phénomène apparait dans les laboratoires dotés de baies vitrées et de murs nus (sans mobilier, sans boiseries, sans tableaux…) Dans ce cas, le mur ou la baie vitrée se comporte comme une source secondaire et les bruits réverbérés s’ajoutent aux bruits des sources primaires avant d’atteindre l’oreille.

Les baies, les portes et les parois vitrées favorisent la prise d’information entre salariés et par la profondeur de champ qu’elles offrent, permettent un relâchement des muscles oculaires entre deux travaux de précision. Elles sont donc une nécessité. Par contre les murs nus doivent être équipés d’étagères ou de panneaux d’affichage, si possible en bois pour atténuer la réverbération.

Le compresseur doit être choisi le moins bruyant possible ou localisé dans une cave ou un réduit fermé, loin des salariés.

Une attention particulière doit être accordée au bruit lors de l’installation du système d’aspiration. La puissance doit être proportionnée au nombre de chevilles et les conduits doivent cheminer avec des angles supérieurs à une centaine de degrés (ce qui peut être encombrant dans les laboratoires situés en ville).

Le matériel collectif bruyant (taille-plâtre, soufflette, générateur de vapeur…) peut être regroupé au sein d’un local fermé et sans poste de travail fixe. Cette organisation permet aux salariés de “défiler“ dans ce local et éventuellement de mettre un casque
anti-bruit ponctuellement pour minimiser l’exposition.

L’outillage individuel portatif doit être choisi peu bruyant et une réflexion doit être conduite sur la possibilité de coordonner l’activité pour éviter une utilisation massive de l’outillage en début d’après-midi par exemple. Et ce afin de minimiser les pics de bruit.

Enfin la distance atténue le bruit. Lorsque cela est possible le laboratoire doit être doté de locaux spacieux, ce qui est peu envisageable pour les laboratoires localisés en ville.

EVALUATION DU RISQUE PROFESSIONNEL
Le risque peut être évalué par exemple selon les facteurs suivants :
L’évaluation du bruit peut être réalisée simplement en questionnant le personnel sur l’ambiance sonore générale du laboratoire (peu bruyant, bruyant, très bruyant) sur les sources les plus bruyantes et sur les moments les plus bruyants de l’activité.
Le port, pendant plus d’une heure par plusieurs salariés, de protections individuelles (casque ou “boules Quiès“) est symptomatique d’une activité, d’un local ou d’un moment bruyant.
REMARQUE
Contrairement à un avis sur la température des locaux qui ne fait jamais l’unanimité au sein des salariés (trop froid, trop chaud, convenable) l’avis sur le bruit est généralement fiable et consensuel.
Les protections individuelles contre le bruit (casques, “boules Quiès“ ) sont prévues pour être portés ponctuellement. En cas de port prolongé elles isolent le salarié du reste du laboratoire et l’empêchent d’acquérir des informations importantes pour le bon fonctionnement collectif du laboratoire.
L’évaluation des risques doit être réalisée sur place par un organisme compétent et en aucun cas par téléphone ou par Internet car chaque laboratoire possède ses spécificités et ses contraintes.
Cette évaluation peut être réalisée par le responsable du laboratoire mais cette opération est généralement chronophage pour les non-spécialistes.

Article rédigé par Michel Chaix

EN SAVOIR PLUS

Contactez le CNIFPD : Virginie Orfila
07 85 73 37 80 – cnifpd@orange.fr
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Last modified: 20 décembre 2019