Évaluer les risques

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Après le premier principe, éviter les risques, détaillé dans le dernier numéro de PDF Actualités, “ÉVALUER LES RISQUES” est le second des neuf principes généraux de prévention. Ce principe a été appliqué lorsque le « document unique d’évaluation des risques » a été rendu obligatoire en entreprise en 2001.
C’est aussi ce principe qui doit être employé lorsque les laboratoires utilisent des agents chimiques dangereux comme les revêtements(1), les méthacrylates, le CrCo(2) par exemple.

Si le risque ne peut pas être évité, comme le stipule le premier principe, par exemple lorsque le laboratoire est obligé de travailler avec des revêtements et qu’il n’existe pas de produit de substitution acceptable, alors il est nécessaire d’évaluer le risque subi par le personnel exposé à cet agent. L’évaluation concerne toutes les phases du processus utilisant du revêtement.
Trois étapes sont concernées et diffusent du produit qui est inhalé par les opérateurs et se propage dans les locaux où il est également absorbé par le personnel.

La première, concerne le conditionnement du revêtement. Le risque est faible si le revêtement est utilisé en sachets pré-dosés et il est élevé s’il est prélevé en vrac avec une louche car la poussière de revêtement se dissémine sur le trajet, des étagères où il est entreposé jusqu’au bol de mélange.

La deuxième phase est relative au mélange du revêtement. Le risque est faible si cette étape est réalisée sous une hotte adaptée avec un rejet à l’extérieur, il est élevé si elle est réalisée sur un plan de travail.

La dernière phase est le cassage du cylindre. Le risque est faible s’il est réalisé sous la hotte qui a servi à l’opération précédente, il est élevé s’il est effectué au-dessus de la poubelle avec l’émission de poussières non captées et la projection de morceaux de revêtement qui vont être piétinés, brisés et transformés en poussière.

La fréquence d’utilisation du revêtement est également importante. Le risque est plus faible pour un laboratoire qui fait un ou deux cylindres par semaine que pour un laboratoire qui en réalise cinq par jour.

Le même raisonnement peut être appliqué au méthacrylate, qui est un gaz, volatil, irritant et allergisant. Le risque est faible si l’opérateur travaille sous un dispositif aspirant. Le risque est élevé si l’opérateur travaille sans dispositif ou s’il utilise l’aspiration de la cheville dont les filtres ne sont pas calibrés pour capter des gaz mais seulement pour piéger des particules. De même le risque est plus faible pour un opérateur qui prépare quatre godets par jour que pour un salarié spécialisé qui ne fait que des réparations toute la journée.

Autre exemple, le CrCo pulvérulent utilisé dans les centres de production. La valeur du risque est corrélée à l’empoussièrement du matériel, du local et éventuellement des locaux adjacents. Le risque est faible si aucune poussière n’est détectable à l’œil nu autour des machines (imprimantes, aspirateurs, box de grattage, sableuses…) et le risque est d’autant plus élevé que de la poussière est présente loin des sources de production (bureaux, toilettes…)

Un dernier cas pris en dehors du risque chimique est par exemple le coursier. Le risque est faible si l’opérateur utilise une voiture adaptée à la circulation (urbaine, rurale, de montagne, mixte) récente, bien entretenue et avec un changement de pneus en hiver. S’il travaille pendant la journée, ne reçoit pas d’appels téléphoniques du laboratoire ou des praticiens pendant qu’il conduit et s’il est bien titulaire de son permis de conduire au moment où il part en mission.

Le risque est plus élevé si le coursier se déplace en deux-roues, s’il travaille de nuit ou s’il doit répondre à des appels téléphoniques pendant la conduite.

Il est bien évident que l’évaluation du risque est ensuite utilisée pour mettre en place des mesures qui respectent les autres principes généraux de prévention.

Le prochain article sera consacré au troisième principe de prévention : COMBATTRE LE RISQUE A LA SOURCE.
Il détaillera la façon de procéder pour être efficace.

Article rédigé par Michel Chaix – IPRP

(1) Revêtement : produit cancérigène, notamment en raison de la présence de quartz
(2) CrCo pulvérulent : produit cancérigène et reprotoxique, c’est-à-dire dangereux pour la descendance des opérateurs et des personnes exposées.

Last modified: 3 novembre 2020