La prévention des risques chimiques en fusion laser

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En 2018, le CNIFPD a lancé une étude sur l’exposition des opérateurs :

➜ à la zircone (ZrO2)
➜ au chrome-cobalt (CrCo) pulvérulent utilisé en fusion laser

En particulier lors des phases non automatisées et de manipulations manuelles, en laboratoire de prothèse dentaire dans un but de prévention des risques chimiques.

La raison : le CrCo pulvérulent (particules de quelques microns à quelques dizaines de microns de diamètre) est cancérigène (1B) et peut provoquer des atteintes à la fertilité (1B)

La zircone de son coté, utilisée par usinage, produit des poussières également très fines qui se répandent dans les locaux contribuant ainsi aux poly-expositions des opérateurs aux produits chimiques.

Cette étude a pour but de proposer des mesures de prévention correctives afin de protéger la santé des opérateurs tout en préservant la performance des laboratoires.
Pour ce faire, plusieurs laboratoires et centres de production ont accepté d’y participer.

Suivi de la procédure

Il était également intéressant lors de la phase d’observation, de nous rendre dans une structure qui avait déjà mis en place des mesures de prévention à la hauteur des risques encourus.

Nous nous sommes ainsi rendus à l’Université de Toulon où se trouve au sein de l’école d’ingénieur Seatech, une plateforme intitulée MaQ-3D.

Cette dernière possède plusieurs machines dont une imprimante 3D de la marque 3D-systems : la ProX 100, technologie de fusion sur lit de poudre.

Sabine Seillier, responsable technique du laboratoire Cosmer et de la plateforme MaQ-3D a accepté de nous recevoir afin de nous montrer la procédure qu’elle suit lors de la manipulation des poudres.

L’accès au local ainsi que la tenue sont réglementés, des affiches rappellent le nom des personnes autorisées à pénétrer dans la salle et décrivent les équipements nécessaires.

L’équipement du personnel comprend :

➜ des chaussures utilisées uniquement dans la salle, sur lesquelles sont enfilées des sur-chaussures
➜ une blouse à usage unique (qui sera remplacée par une combinaison en septembre)
➜ un masque de type FFP3
➜ une visière qui protège le visage
➜ et des gants car la poudre ne doit jamais être en contact avec la peau
Comme cela est d’ailleurs indiqué dans la notice d’utilisation du fournisseur.

L’imprimante et l’imposant système de ventilation du local. L’imprimante est nettoyée après chaque utilisation.

La salle est équipée d’une climatisation et d’un système d’aspiration spécifique déconnectés de la ventilation générale du bâtiment.
La phase de tamisage a lieu sous hotte. Il en va de même pour la phase de versement de la poudre tamisée dans les pots.

Protocole d’utilisation de l’imprimante 3D

Le protocole qui donne la marche à suivre est scrupuleusement respecté par l’opératrice.
Après chaque manipulation de la poudre, Mme Seillier nettoie chaque poste de travail avec un aspirateur ATEX adapté pour ce type de poudre et réservé à cet usage. Ce dernier ne sort jamais du local.
Le nettoyage est méticuleux, il ne subsiste plus de poudre visible. Le système de ventilation peut alors jouer son rôle : évacuer la poudre résiduelle de l’atmosphère pour éviter son inhalation par le personnel.
Il faut également noter que le temps passé dans le local de l’imprimante est minimum.

Toutes les opérations qui peuvent être conduites à distance, le sont, en particulier le travail sur ordinateur, qui est réalisé au sein d’une pièce distincte.

Cette unité de recherche poursuit sa réflexion pour diminuer l’exposition de l’opératrice à la poudre cancérigène et compte ainsi investir dans l’achat d’un aspirateur/tamiseur intégré.

Il faut bien avoir en tête que cette démarche de prévention a un coût qu’il faut prendre en compte dès l’achat d’une machine d’impression 3D.

Cette approche et le matériel
doivent être impérativement indissociables
pour assurer la santé et la sécurité des opérateurs
Pour les laboratoires et les centres déjà équipés d’imprimantes
Il est vivement recommandé de modifier les modes opératoires en vigueur. Vous pourrez vous référer aux résultats de l’étude actuellement menée par le CNIFPD et qui seront disponibles à la rentrée.

EN SAVOIR PLUS Contactez le CNIFPD :
Virginie Orfila
01 49 29 46 11 – [email protected]
www.cnifpd.fr

 

Last modified: 10 octobre 2018