Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l’est moins

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Après les cinq premiers principes, éviter les risques, évaluer les risques, combattre les risques à la source, adapter le travail à l’Homme et tenir compte de l’évolution de la technique évoqués dans les derniers numéros de PDF Actualités, REMPLACER CE QUI EST DANGEREUX PAR CE QUI L’EST MOINS est le sixième des neuf principes généraux de prévention.

ASPIRATION CENTRALISÉE

La poussière inhalée par les opérateurs au sein des laboratoires représente un risque élevé pour leur santé en raison de la nature même de ces particules fines (revêtements, métaux divers, plâtre…) Il est donc important d’éliminer ces aérosols présents en permanence dans l’air des locaux et qui se déposent sur le sol avant d’être remis en suspension par le moindre courant d’air. Capter les poussières à la source et effectuer un ménage complet et régulier de ces locaux sont la clé de la prévention dans ce domaine.
Il faut capter les poussières à la source. Lorsqu’un opérateur effectue du grattage sur de la résine, du plâtre, du métal ou du revêtement, il diffuse des poussières qui doivent être captées dès leur émission à la cheville. Cependant ce n’est pas suffisant, les opérations d’entretien qui doivent être réalisées sur les blocs d’aspirations individuels, comme vider les sacs ou les bacs sont dangereuses. En effet en raison de leur localisation sous les plans de travail, leur manipulation est malaisée et nécessite des flexions et des torsions extrêmes du buste et des membres inférieurs. De plus les poussières qui s’échappent lors de ces phases sont concentrées en matériaux délétères et exigent pour l’opérateur, le port ponctuel d’un masque FFP3, ce qui n’est pas toujours respecté.
Il faut donc, chaque fois que cela est réalisable, privilégier les systèmes d’aspiration centralisés, qui modulent leur puissance en fonction de l’activité et disposent d’un débit d’air calibré sans être bruyants. Le cœur de la machine est situé au sein d’un local dédié, séparé des salariés et la majeure partie des opérations de maintenance est automatisée, ce qui expose faiblement le personnel sur les plans physique et toxicologique.

MÉNAGE

Pour réaliser les opérations de ménage, la plupart des laboratoires, pour des questions pratiques, financières, mais également de méconnaissance du risque, utilisent des aspirateurs grands publics. Ces aspirateurs sont extrêmement dangereux car leurs filtres ne sont pas adaptés à l’élimination en milieu professionnel des particules fines délétères comme la silice ou la poussière de métal.
De plus leurs joints laissent passer ces mêmes poussières. Il est donc nécessaire de bannir d’un laboratoire ces aspirateurs qui laissent passer les éléments les plus dangereux, à travers leurs filtres et leurs joints. Une bonne solution est l’utilisation d’un serpentin branché sur une bouche de l’aspiration centralisée (voir ci-dessus). Les poussières sont donc traitées par la filtration de cette aspiration, ce qui est la meilleure garantie d’efficacité. Une autre solution est l’utilisation d’un aspirateur professionnel, qui est donc étanche et doté d’une filtration de type « absolue » ou « spécial  silice » selon la dénomination commerciale ou plus généralement de type minimum HEPA(1) 13 ou 14.

FRONDES

Les frondes ou centrifugeuses traditionnelles servent à injecter du métal en fusion dans des cylindres. Ces matériels étaient dotés à l’origine de dispositifs de sécurité maintenant la porte verrouillée tant que le bras était en rotation ou assistaient l’ouverture du capot. Ce parc vieillissant n’offre plus les mêmes fonctionnalités de sécurité et devient dangereux. De plus l’utilisation de ce matériel nécessite l’emploi de chalumeaux et de bonbonnes de gaz, en général de l’oxygène et de l’acétylène. Le plus souvent ces bonbonnes sont stockées à l’intérieur du laboratoire, à proximité du four et quasiment jamais fixées au mur. Elles représentent un danger latent en cas de chute, de fuite ou d’explosion.
L’utilisation de fronde à induction, de conception plus récente, n’expose plus les opérateurs à tous ces dangers. La fonte et l’injection du métal sont réalisées en vase clos lors de séquences qui ne nécessitent pas de manipulation physiques intermédiaires ni d’utilisation de gaz et le faible nombre de pièces en mouvement limite fortement toute usure.

BECS BUNSEN

Le bec Bunsen allumé posé sur le plan de travail est le compagnon traditionnel du prothésiste ; la flamme nue est utilisée pour chauffer l’outillage ou ramollir la cire. Il nécessite une alimentation en gaz avec ses servitudes, quel est le responsable de laboratoire qui en rentrant un soir ne s’est pas posé la question « j’ai bien fermé la vanne de gaz en partant ?» Le bec Bunsen est alimenté à l’aide d’un tuyau souple dont il faut également vérifier la date de péremption et s’il est craquelé le risque de fuite et donc d’explosion est majeur, il faut tout arrêter !
Pour éviter l’utilisation du gaz en laboratoire, et avec un peu de pratique il est possible de chauffer les lames des outils par un procédé à induction qui offre l’avantage de ne pas utiliser de flamme et la cire peut également être ramollie par une petite plaque chauffante. Ces deux matériels électriques et d’utilisation aisée remplacent la flamme du bec Bunsen et donc permettent au laboratoire de s’affranchir du gaz, de ses servitudes et de ses dangers !

Article rédigé par Michel Chaix – IPRP

(1) HEPA : high efficiency particulate air : haute efficacité pour les particules aériennes

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Last modified: 24 mars 2021